Prévention
Bilans de prévention et dépistages : ce qui est proposé selon l'âge

Cinquante ans, des bougies, un gâteau, et quelques semaines plus tard une enveloppe à en-tête de l'Assurance maladie. Pour beaucoup, c'est la première invitation à un dépistage. Elle n'est pourtant qu'une pièce d'un ensemble plus large : bilans, examens et rappels de vaccins jalonnent la vie adulte, souvent à des âges ronds.
Mon bilan prévention, quatre âges clés
Le premier dispositif s'appelle « Mon bilan prévention ». Il s'adresse aux personnes de 18 à 25 ans, de 45 à 50 ans, de 60 à 65 ans et de 70 à 75 ans, avec un seul bilan possible dans chaque tranche. Selon la page de l'Assurance maladie consacrée au bilan des 45-50 ans, il est pris en charge à 100 %, sans avance de frais.
Il ne s'agit pas d'un examen médical au sens habituel, mais d'un temps d'échange de 30 à 45 minutes avec un professionnel de santé choisi par la personne : médecin, sage-femme, infirmier, pharmacien ou masseur-kinésithérapeute. Un questionnaire, facultatif, peut être rempli avant le rendez-vous en version papier ou en ligne, depuis l'espace numérique personnel de santé. Il peut aussi l'être pendant l'entretien.
À la fin, le professionnel et la personne rédigent ensemble un plan personnalisé de prévention. Il retient un ou deux sujets prioritaires et quelques actions concrètes, adaptées à la vie de chacun.
Les sujets abordés selon l'âge
Les thèmes varient avec la tranche d'âge. Entre 18 et 25 ans, l'Assurance maladie cite notamment la santé mentale, le sommeil, l'alcool et le tabac, et le dépistage des infections sexuellement transmissibles. Entre 45 et 50 ans s'ajoutent la prévention du diabète et des maladies cardiovasculaires, ainsi que le dépistage des cancers.
Entre 60 et 65 ans, l'activité physique adaptée entre dans la liste. Entre 70 et 75 ans, le maintien à domicile fait son apparition, à côté du sommeil, de l'activité physique et des dépistages. Dans tous les cas, les habitudes de vie figurent en tête : ce que l'on mange, la manière de bouger, la qualité des nuits. Sur ces sujets, nos articles sur les apports en protéines et en vitamines et sur les minutes d'activité et les heures de sommeil rassemblent les repères officiels.
L'examen de prévention en santé
L'examen de prévention en santé est proposé par l'Assurance maladie à tous les assurés de plus de 16 ans. Il s'adresse en priorité aux personnes éloignées du système de santé, qui n'ont pas de suivi régulier par un médecin traitant. Il est entièrement pris en charge.
Il se déroule dans l'un des centres d'examens de santé de l'Assurance maladie, une centaine en métropole et en Guadeloupe, et dure environ deux heures. Le centre donne lui-même les consignes pratiques avant la venue. Sur place, un questionnaire est rempli, des examens peuvent être proposés selon la situation, puis un médecin explique les résultats. Avec l'accord de la personne, il peut les transmettre à son médecin traitant.
Les trois dépistages organisés des cancers
À partir de 25 ans pour certains, de 50 ans pour d'autres, des invitations arrivent par courrier pour trois dépistages organisés.

Le facteur en chapeau haut de forme a disparu des rues, mais la lettre reste le canal habituel de ces programmes nationaux. Elle n'a rien d'une alerte personnelle : elle est envoyée à toutes les personnes d'une tranche d'âge, sans symptôme. Le tableau ci-dessous reprend les âges et les rythmes indiqués par l'Assurance maladie et l'Institut national du cancer.
| Dépistage | Qui est invité | Examen et rythme |
|---|---|---|
| Cancer du sein | Les femmes de 50 à 74 ans sans symptôme ni risque élevé | Mammographie et examen clinique des seins, tous les 2 ans |
| Cancer colorectal | Les femmes et les hommes de 50 à 74 ans sans symptôme ni risque élevé | Test à faire chez soi, tous les 2 ans |
| Cancer du col de l'utérus | Les femmes de 25 à 65 ans | De 25 à 29 ans, examen tous les 3 ans après deux premiers tests à un an d'écart ; de 30 à 65 ans, test HPV tous les 5 ans |
Sources : Assurance maladie, Institut national du cancer. Les personnes à risque élevé ont un suivi spécifique : en parler à son médecin.
Deux lignes méritent un mot. Le dépistage colorectal concerne les femmes comme les hommes, et le test se fait chez soi : le kit se retire notamment auprès d'un médecin ou d'un pharmacien. Celui du col de l'utérus commence dès 25 ans, et son examen change à partir de 30 ans.
Les personnes qui ont des antécédents personnels ou familiaux particuliers relèvent d'un suivi défini avec leur médecin, parfois différent dans son rythme.
Les rappels de vaccins aux âges ronds
Le calendrier vaccinal fixe lui aussi des rendez-vous à l'âge adulte. D'après la page de l'Assurance maladie sur le calendrier des vaccinations, le rappel contre la diphtérie, le tétanos, la poliomyélite et la coqueluche est recommandé à 25 ans, à 45 ans et à 65 ans, puis tous les dix ans à partir de 65 ans.

L'Assurance maladie propose aussi une carte simplifiée des recommandations vaccinales pour les 65 ans et plus. Le carnet de vaccination permet de vérifier la date du dernier rappel ; le médecin traitant ou le pharmacien aide à faire le point.
En parler, tout simplement
Bilans, dépistages et vaccins ont un point commun : ils passent par une conversation. On y parle de son quotidien plus que de chiffres, et c'est souvent là que les questions trouvent leur place. Nous revenons sur cette dimension dans un article sur l'échange en face à face avec un professionnel.
Pour ne rien laisser filer, une méthode suffit : noter dans l'agenda, à côté de son prochain anniversaire rond, les rendez-vous qui correspondent à son âge, puis ranger les courriers reçus avec les papiers de santé.


