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Imagerie

Passer une IRM : ce qui se passe vraiment dans le tunnel

Appareil d'IRM blanc dans une salle claire, sa table d'examen engagée vers l'entrée du tunnel

La salle d'attente du service d'imagerie ressemble à beaucoup d'autres : des chaises alignées, un écran qui affiche les appels. Derrière une porte épaisse se trouve pourtant un appareil peu ordinaire, un anneau massif percé d'un tunnel d'environ deux mètres. L'IRM reste silencieuse entre deux examens, mais son aimant, lui, ne s'arrête jamais.

Un aimant géant, héritier du XIXe siècle

L'IRM, pour imagerie par résonance magnétique, est d'abord un très gros aimant. Dans ce champ magnétique intense, les noyaux des atomes d'hydrogène, très nombreux dans l'eau du corps, s'orientent comme de minuscules aiguilles de boussole. L'appareil leur envoie des ondes radio ; en revenant à leur état de départ, ils émettent un faible signal, que l'ordinateur transforme en images. Le tout se fait sans rayons X.

L'idée de fabriquer un aimant avec du courant électrique remonte aux années 1820. En 1825, le physicien anglais William Sturgeon présente un électroaimant : un fer à cheval en fer doux entouré de fil, relié à une pile, capable de soulever plusieurs fois son propre poids.

Gravure d'un électroaimant en fer à cheval suspendu à un portique en bois, soulevant un plateau chargé de poids
Un électroaimant de cabinet de physique, gravure des « Merveilles de la science » de Louis Figuier, 1868.

Les aimants des IRM actuelles appartiennent à la même famille, en infiniment plus puissant. Au début des années 1970, l'Américain Paul Lauterbur montre qu'en faisant varier légèrement le champ magnétique, on peut situer l'origine des signaux et construire une image ; en 1973, il obtient ainsi la coupe de tubes remplis d'eau. Le Britannique Peter Mansfield met au point les calculs qui rendent la méthode rapide et utilisable. Les premiers appareils arrivent dans les hôpitaux au début des années 1980, et les deux chercheurs reçoivent le prix Nobel de physiologie ou médecine en 2003.

Le questionnaire et la cabine

Avant d'entrer, l'équipe pose une série de questions, souvent par écrit puis de vive voix. Porte-t-on un stimulateur cardiaque, une prothèse, un implant auditif, un patch sur la peau ? A-t-on reçu un jour un éclat métallique dans l'œil ? Y a-t-il un tatouage sur la zone examinée ? Ces réponses permettent au médecin radiologue et au manipulateur radio de fixer les conditions de l'examen.

Vient ensuite la cabine. On y laisse tout ce qui est métallique ou électronique : montre, ceinture, clés, porte-monnaie, cartes, téléphone, barrettes, bijoux, parfois prothèse dentaire et appareil auditif.

Coupelle en verre ciselé contenant une montre à gousset, des perles et des bijoux dorés
Montre, bagues, boucles d'oreilles : tout ce qui est métallique reste dans la cabine.

La précaution étonne parfois, puisque l'appareil semble au repos. Il ne l'est jamais : l'aimant reste actif même lorsque l'IRM ne fonctionne pas, si bien que le champ magnétique est toujours présent dans la salle. Un objet en fer ou en acier peut alors être attiré avec force. La coupelle, puis le casier, font partie du rituel.

Sur la table, la zone examinée au centre

On s'allonge sur une table étroite. Le manipulateur installe autour de la partie du corps à examiner une antenne, sorte de coque ou de casque selon qu'il s'agit du genou, du dos ou de la tête : elle capte le signal émis par le corps et le transmet à l'ordinateur. La table glisse ensuite dans le tunnel, jusqu'à placer cette zone au centre de l'aimant. L'intérieur est éclairé et ventilé, mais la paroi peut se trouver tout près du visage.

Le manipulateur quitte alors la pièce. Il reste derrière une vitre, voit la personne par la fenêtre et souvent par une caméra, et lui parle par un micro. Une sonnette, gardée à portée de main, permet de l'appeler à tout moment.

Le bruit, l'immobilité, la durée

Puis le vacarme commence : martèlements, cliquetis, bourdonnements. L'Assurance maladie compare ce son irrégulier et répétitif à celui d'un marteau-piqueur. Un casque ou des bouchons d'oreilles sont fournis, et les séquences s'enchaînent, chacune de quelques dizaines de secondes à quelques minutes.

Pendant ce temps, il faut rester immobile, car le moindre mouvement brouille l'image. Il arrive que la voix du manipulateur demande de retenir sa respiration quelques instants. L'examen dure en général 15 à 30 minutes, parfois davantage selon la zone et les séquences demandées. La fiche de l'Assurance maladie sur le déroulement d'une IRM pas à pas reprend ces étapes.

Selon l'examen, le médecin peut demander l'injection d'un produit de contraste dans une veine du bras, pour mieux distinguer certaines structures. L'équipe explique alors pourquoi et comment cela se passe ; les consignes à suivre avant l'examen sont données par le centre d'imagerie.

IRM, scanner, échographie : qui fait quoi

Le mot « tunnel » rapproche souvent l'IRM du scanner, alors que les deux appareils ont peu en commun. Le tableau suivant compare quatre grands examens d'imagerie du point de vue de la personne allongée.

Quatre examens d'imagerie, vus depuis la table
ExamenCe qu'il utiliseDurée habituelleCe que l'on ressent
RadiographieDes rayons X à faible doseUn examen rapide : on reste immobile quelques secondesRien de particulier : l'examen est indolore
ScannerDes rayons X, émis depuis un anneau qui tourne autour du corpsDix à quinze minutes en tout ; les images elles-mêmes ne prennent que quelques secondes à quelques minutesUn examen indolore ; parfois une chaleur passagère si un produit de contraste iodé est injecté
IRMUn aimant puissant et des ondes radio, sans rayons XEn général 15 à 30 minutes, parfois davantageUn bruit fort et répétitif (casque ou bouchons fournis), l'espace réduit du tunnel, l'immobilité
ÉchographieDes ultrasons, sans rayonnementEntre 10 et 30 minutes selon la zone examinéeLe froid du gel et une légère pression de la sonde

Sources : Assurance maladie (IRM, scanner) ; Société française de radiologie (radiographie, scanner, échographie). Les consignes propres à chaque examen sont données par le centre d'imagerie.

La ligne du scanner montre la principale différence : il utilise des rayons X, tourne en anneau autour du corps et va beaucoup plus vite. Nous racontons ailleurs comment le scanner a appris à voir en coupes. L'échographie se passe d'aimant comme de rayons X : elle recueille l'écho de sons trop aigus pour nos oreilles, comme l'explique notre article sur la sonde et le gel de l'échographie.

Ce qui aide, pendant et après

Beaucoup de personnes appréhendent surtout l'espace réduit. Le signaler dès l'accueil permet à l'équipe de s'organiser : l'Assurance maladie indique que des précautions sont alors prévues. Nous avons rassemblé quelques repères pour arriver plus serein le jour de l'IRM. Et la voix derrière la vitre reste une présence humaine qui répond au micro, à qui l'on peut dire que l'on a froid ou mal au dos.

Une fois l'examen terminé, la table ressort du tunnel, le manipulateur revient dans la pièce et l'on retourne en cabine. Le médecin radiologue analyse ensuite les images et rédige un compte rendu pour le médecin qui a demandé l'examen. En récupérant ses affaires, un dernier regard dans la coupelle évite d'oublier une bague sur le rebord.